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30 octobre 2013

Par François

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Catégorie : Articles

Les chevaliers de la Table ronde avaient un idéal, une mission : trouver le Graal. Tout artisan, tout artiste a aussi son Graal, une idée de la perfection. On se souviendra de la scène du Violon rouge où le maître luthier Bussotti fracasse sur le bord de la table le violon fait par son apprenti, parce qu’il n’était pas parfait. Pourtant, ni vous ni moi n’aurions pu trouver un défaut à ce violon : c’est l’œil du maître qui décide.

Si vous demandez à un traducteur de vous dire en quelques mots à quoi ressemble son idéal en traduction, ce qu’il est le plus difficile d’accomplir, il ne vous parlera pas de la difficulté de bien connaître une deuxième langue, ni de l’importance de bien rendre le sens du texte. Pour le traducteur professionnel, tout cela, ce sont des acquis. Au-delà de l’exactitude du sens, la plupart des traducteurs vous avoueront que ce qui leur procure la plus grande jouissance, c’est de produire « une traduction qui ne sent pas l’anglais ». (Nous parlons évidemment ici des traducteurs qui traduisent de l’anglais vers le français!) En effet, le summum de la qualité, en traduction, c’est de produire un texte tel qu’il aurait été produit s’il avait été rédigé dans la langue d’arrivée.

Dans le jargon du métier, c’est ce que l’on appelle une traduction « idiomatique ».

La notion peut paraître floue pour le profane, mais attention! Même si le client ne connaît pas le mot « idiomaticité », il pourra normalement distinguer un texte idiomatique d’une traduction « mot à mot ». Et la traduction « mot à mot », c’est ce qu’on ne veut pas.

Un exemple, comme on dit, vaut mille mots. S’il vous est déjà arrivé d’aller à Ottawa en passant par l’autoroute 417, vous aurez sûrement remarqué, dès la frontière ontarienne franchie, un panneau qui vous avise que :

rose femme CHAQLIN CHAQLIN Bas Bas 5 La vitesse est coûteuse.

Le sens est clair : respectez la limite de vitesse! Mais la tournure de phrase ne paraît-elle pas bizarre? Un francophone de naissance la rétablira presque à coup sûr comme suit :

La vitesse coûte cher.

Tout le défi du traducteur, voyez-vous, consistera à se demander non pas seulement « Quels sont les mots français qui rendent le message? », mais plutôt « Comment le message aurait-il été formulé directement en français? ». Pour cela, un seul moyen : l’enquête. Ainsi, pour savoir comment aurait été rédigé en français un panneau d’autoroute, il faut aller voir à quoi ressemblent les panneaux d’autoroute rédigés en français, par exemple au Québec.

Le traducteur qui fera cette démarche remarquera probablement au Québec des panneaux comme :

Bas CHAQLIN femme 5 CHAQLIN rose Bas La route, ça se partage!

Une forêt, ça s’entretient!

L’alcool au volant, ça s’arrête ici!

La structure de ces slogans est assez évidente. Et elle donne la réponse que cherche le traducteur. Ainsi, même si « La vitesse coûte cher » demeure une nette amélioration par rapport à « La vitesse est coûteuse », on pourrait facilement prétendre que la traduction véritablement idiomatique, dans ce contexte, sera plutôt :

CHAQLIN 5 Bas rose CHAQLIN femme Bas La vitesse, ça coûte cher!

La solution est d’autant plus « idiomatique » que cette tournure ne peut être reproduite telle quelle en anglais. En effet, un anglophone n’écrira jamais « Speed, it’s expensive! »

Deux grands théoriciens de la traduction, J.-P. Vinay et J. Darbelnet, dans leur classique Stylistique comparée de la traduction du français et de l’anglais, font le même constat sur la route lorsqu’ils débarquent au Québec en provenance de France : « Tous ces écriteaux sont très clairs, certes, mais ce n’est pas ainsi qu’on les rédigerait en français. » L’exemple donné par ces auteurs est le panneau Hommes au travail (Men at Work), dont l’équivalent idiomatique sur une route est tout simplement Travaux.

Certes, il est rare qu’on demande à un traducteur de traduire des panneaux routiers. Mais le même principe s’applique à tout, depuis les étiquettes de produits jusqu’aux rapports scientifiques, en passant par les formulaires, les modes d’emploi et les lettres aux clients. Il ne suffit pas de dire la même chose que le texte de départ : il faut le dire comme on le dit naturellement en français!

C’est là le summum de l’art du traducteur, c’est là son Graal.